Le changement climatique impacte et va impacter tous les pans de notre société. Investis depuis de nombreuses années pour cette cause, nous voyons aujourd’hui apparaître nos pires prédictions. Les événements catastrophiques s'enchaînent et bouleversent nos écosystèmes et notre société à des fréquences inimaginables auparavant (pics de températures en France, feux de forêt géants en Amazonie et en Australie, effondrement de la biodiversité, etc.).

La transition vers une économie bas carbone devient urgente. Mais comment faire ? Si nous parlons de transition, en quoi consiste-elle ?

L'objectif d'abord. Cette** transition** doit d’abord permettre de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. C’est la priorité. Plus largement, elle implique aussi de reconfigurer nos moyens de production, nos modes de consommation et donc de production de déchets (plastiques notamment, qui sont directement liés à une économie fondée sur les énergies fossiles). Cela suppose deux choses :

 

  1. Du côté de la demande en énergie : la maîtriser (sobriété) et promouvoir l’efficacité énergétique, notamment dans les bâtiments et les transports
  2. Du côté de l'offre : développer des solutions de production d’électricité de plus en plus renouvelables (éoliens, solaire), si nécessaire couplées à des moyens de stockage, mais aussi des ressources thermiques alternatives (biomasse et réseau de chaleur) et biogaz.

 

Les moyens ensuite. C'est l'objet de cet article. Comment rendre cette transition opérante ? D’abord par les femmes et les hommes qui s'investissent tous les jours sur le terrain.

 

Selon l'Insee, en France, ils sont plus de 210 000 à travailler directement dans 26 000 entreprises du secteur de la production, du transport et de la distribution de l'énergie. Ces emplois sont en majorité concentrés sur le développement et la gestion des infrastructures nucléaires, hydrauliques, éoliennes ou solaires, des réseaux d'électricité ou de gaz, des plates-formes pétrolières, etc. Ils se concentrent autour de grand groupes tels que Total, Orano (ex Areva), EDF ou Engie, avec des profils essentiellement techniques (ingénieurs, techniciens, chercheurs), marchés (économiques et juridiques) et business pour la valorisation de cette énergie.

Mais trois tendances viennent bouleverser ce paysage

D’un côté, le secteur doit évoluer sous de multiples pressions. Il est obligé de réduire sa dépendance aux énergies fossiles pour des raisons écologiques et stratégiques (disponibilité des ressources et volatilité des prix). En France, il nécessite aussi de gérer les enjeux politiques et financiers du cycle de vie du Nucléaire (incertitude sur les réacteurs de futur génération et démantèlement des centrales).

 

D’un autre côté, l’énergie ne se confine plus aux entreprises historiques du secteur. L'impératif écologique se matérialise par les objectifs de neutralités carbones au niveau de tous les états et de tous les secteurs économiques. Il se traduit en cadres réglementaires de plus en plus contraignants pour l'activité des organisations (quota d'émission CO2 dans l'automobile, limitation des déchets pour les industriels de la chimie, seuil de performance thermique à atteindre dans le bâtiment neuf et ancien, etc.). La transition énergétique est donc stratégique à tous les niveaux.

 

Enfin, entre les deux, le développement d'une production décentralisée et proche du consommateur amène à de nouvelles hybridations. L’énergie est pensée proche des territoires avec de nouveaux types de projets impliquant différents acteurs (entreprises, collectivités, associations), de multiples énergies (photovoltaïque, biométhane, etc.), et différents secteurs (agriculture, industrie, etc.). Les Assises européennes de la Transition Énergétique, témoignent années après années de l’émergence de ce nouveau paysage. Cela suppose également le développement de nouveaux modèles et services grâce au numérique.

Fort de ce constat, les métiers de l’énergie s’hybrident eux-aussi

Les métiers directs, indirects et induits, de la transition énergétique dans ces domaines ont représenté plus de 370 000 emplois en 2017, soit une croissance de 75% en dix ans (2006 à 2017) alors que le marché total des emplois en France n’a crû que de 2,8% sur le même période.

Les emplois directs, associés à la production d’énergie en elle-même, doivent se positionner sur des projets locaux d’énergies renouvelables. Ils intègrent des compétences techniques, mais aussi économiques et réglementaires, sur des contextes nationaux et locaux (par exemple pour se positionner sur les Schémas Directeurs des Énergies des villes).

 

Les emplois indirects liés à la fourniture de biens et de services (consommation), doivent aussi prendre en compte les solutions d’efficacité énergétique. Par exemple, de plus en plus de chefs de projets en performance énergétique doivent intégrer le développement d’installations solaires pour compléter leur approche. Cela nécessite aussi pour eux de savoir gérer et suivre des données (consommation, production, performance thermique, etc.) impactant la performance de multiples sites et clients, à l’aide par exemple d’offres numériques dédiées.

 

Les emplois induits correspondent aux interactions avec cette filière énergétique. Ils se développent massivement dans toutes les entreprises et les organisations publiques car tout le monde à besoin d’énergie. Ainsi, aujourd’hui, selon l'Ademe, pas moins de 3,8 millions d'emplois intègrent les enjeux énergétique et environnementaux dans leur activité (14 % de l’emploi en France). C’est une transition massive qui se met en place.

 

Plus précisément, trois secteurs se distinguent dans cette transformation : les transports, le bâtiment et les énergies renouvelables elles-même. Les métiers directs, indirects et induits, de la transition énergétique dans ces domaines ont représenté plus de 370 000 emplois en 2017, soit une croissance de 75% en dix ans (2006 à 2017) alors que le marché total des emplois en France n’a crû que de 2,8% sur le même période. C'est donc un changement de paradigme économique auquel nous faisons face.

A titre d’exemples, 3 métiers phares se distinguent dans cette transition.

L’entreprise Monabee est à la croisé de la production solaire et du suivi de la performance énergétique.

Le développeur d’affaires : il intervient, notamment, pour le développement de produits et de services innovants les acteurs de l’énergie. Il est capable d’analyser de nouveaux marchés et d’y intégrer de nouvelles approches basées sur le numérique. L’entreprise Monabee, faisant partie de réseaux partenaires, Tenerrdis et Aura Digital Solaire , illustre parfaitement ce métier, à la croisé de la production solaire et du suivi de la performance énergétique.

Lumières de la Ville est un consultant en systèmes énergétiques qui intervient en bureaux d’études spécialisés ou au sein d’une organisation pour optimiser ses performances énergétiques.

Le consultant en systèmes énergétiques : il intervient en bureaux d’études spécialisés ou au sein d’une organisation pour optimiser ses performances énergétiques, tout en assurant le confort des utilisateurs : détection des surconsommations, gestion des achats d’énergie, études pour optimiser la consommation d’énergie, communication auprès des utilisateurs. Cela peut toucher les industriels, mais aussi les collectivités et tout type de structure. Les bailleurs sociaux, sont par exemple en recherche de solutions à ce niveau. Le groupe EDF déploie cette expertise métier avec un dispositif complet d’accompagnement pour le diagnostic, la rénovation et la gestion des parcs d’habitation.

Projets de production photovoltaïque et communautés énergétiques - Aura Energie Environnement

Le chef de projet énergétique, ou chargé de mission énergie : il développe des projets de territoires en partenariat avec les entreprises, les acteurs publics et associatifs locaux. Ces projets sont souvent transverses, comme dans le cas de la Zero Emission Valley, liant stockage hydrogène et mobilité, et où la région Auvergne-Rhône-Alpes et ENGIE collaborent. Ils peuvent également mettre en commun des projets de production photovoltaïque et de communautés énergétiques comme dans le cas Aura Energie Environnement.

Les métiers de la transition énergétique sont donc diverses. Ils demandent des compétences transverses et nouvelles. Ils supposent donc un besoin de formations d'un nouveau genre :

 

  • pour acquérir les connaissances techniques et économiques des problématiques énergétiques contemporaines
  • tout en maîtrisant les conséquences et opportunités au sein des organisations (management), sur le plan humain et social
  • afin de déployer des approches innovantes, des outils d'analyse et de pilotage pour prendre en charge et mener à bien des projets de transformation.

 

Toutes les organisations vont en avoir besoin, des grands groupes aux collectivités, en passant par les startups innovantes, et les corps intermédiaires.

 

Pour explorer ensemble ces opportunités, emlyon business school et l’ECAM Lyon vous invitent à un webinar sur le sujet, le 14 avril prochain, à partir de 18h. Pour vous inscrire, c'est par ici

 

Merci à Alexandre Vaudrey et Alain Gojon pour l’édition de cet article.

 

Xavier Blot - Directeur du Mastère Spécialisé ® Management de la Transition Énergétique